ELIANT est l’Alliance Européenne des Initiatives issues de l’Anthroposophie. Elle comprend, entre autres, DEMETER.

Voici le début de la charte ELIANT:
« Les objectifs de l’Alliance
La dignité humaine et le développement individuel s’inscrivent comme des valeurs centrales de la culture européenne. Les initiatives issues de l’anthroposophie ont, depuis plus de 80 années, contribué à leur essor. Centrées sur l’être humain, des formes de vie d’une haute qualité ayant acquis un rayonnement mondial sont nées dans les domaines de l’agriculture, de la pédagogie, de la pédagogie curative et de la médecine. Les consolider au bénéfice des citoyens européens et assurer leur développement en tant que contribution à la construction de l’Europe, est la tâche de l’Alliance.  »
Cliquez ici pour la suite de la charte et si vous partagez son idéal, la signer.

Publié par : Vincent Poizat | 28 avril 2010

La Corée s’inspire des technologies vertes « made in Germany »

La Corée du sud vient d’entériner son ambitieux plan « croissance verte ». Premiers objectifs : atteindre l’indépendance énergétique tout en réduisant drastiquement les émissions de CO2, grâce au développement massif des énergies renouvelables. En, prenant exemple sur l’Allemagne.

On apprend dans cet article que les coréens se déplacent en grand nombre dans les villes allemandes pour étudier les énergies renouvelables.

L’article ne précise pas le nucléaire comme faisant partie des industries d’avenir. Il est vrai que l’on ne parle que d’énergie renouvelable dans cet article.

Publié par : Vincent Poizat | 23 avril 2010

100% d’énergies renouvelables en 2050: c’est possible

Selon les professionnels européens du secteur des énergies renouvelables, l’Union européenne pourrait produire 100% de son énergie que ce soit l’électricité, la chaleur ou pour le transport à partir de sources renouvelables à l’horizon 2050. Dans un rapport prospectif baptisé RE-thinking 2050, le Conseil européen pour les énergies renouvelables (EREC) explique comment le mix énergétique européen pourrait se baser uniquement sur les énergies renouvelables d’ici 40 ans et les bénéfices économiques, environnementaux et sociaux qui pourraient accompagner une telle transition.

Cet article paru dans actu-environnement.com a le mérite de nous montrer qu’un autre modèle est possible pour autant que l’on se donne les moyens de l’atteindre.

Car bien sûr il ne faut pas se leurrer. Obtenir 100% d’énergie renouvelable d’ici 40 ans ne pourra se faire en France parallèlement au renouvellement de la technologie nucléaire en cours avec la construction d’un réacteur de nouvelle génération à Flamanville. D’ailleurs le rapport le précise bien en mentionnant dans ses recommandations:  « Phasing out all subsidies for fossil and nuclear energy »; supprimer les subventions accordées aux énergies fossiles et nucléaires.

Nous avons la ‘chance’ de posséder un parc de centrales nucléaires déjà amorties et que l’on peut encore faire durer quelques années. Investissons donc les fonds publics dans le développement des énergies renouvelables ET les économies d’énergies afin que progressivement les énergies renouvelables prennent le relais au fur et à mesure de la fermeture de nos centrales nucléaires.

Ainsi nous atteindrons l’objectif que le Conseil européen pour les énergies renouvelables (EREC) nous montre qu’il est possible maintenant d’atteindre.

A télécharger: Rethinking2050_Synthèse_finale

Publié par : Michel | 5 avril 2010

Revenu de vie – Réflexion et pétition

Le juste partage des richesses mondiales entre tous les individus, la juste rémunération d’activité jusqu’à présent bénévoles, une meilleure considération des minorités non décisionnelles dans les affaires de notre monde, reprise par l’Etat et la population de la gouvernance monétaire… autant de thèmes, parmi d’autres encore qui sont abordés par ce collectif qui nous propose de signer son appel à la mise en place du revenu de vie.

Visitez le site http://www.appelpourlerevenudevie.org qui regorge d’informations sur le sujet en question.

Publié par : Michel | 1 avril 2010

Agenda avril 2010

Source TERRAECO N°13 http://www.terraeco.net

1er au 7 avril Semaine du développement durable Organisé par le ministère de l’Ecologie, l’événement souhaite, cette année, encourager les Français à modifier durablement leurs comportements. www.semainedudeveloppementdurable.gouv.fr

8 avril Innov’eco : les énergies renouvelables en ville. Cette 5e édition réunit les professionnels de l’éco-innovation, sur le thème : comment adapter les territoires urbains aux énergies de demain ? (Cité de l’architecture et du patrimoine, Paris). http://innoveco-paris.com

22 avril Journée mondiale de la Terre. Initiée le 22 avril 1970, elle est aujourd’hui célébrée par 500 millions de personnes dans 184 pays. www.earthday.net/programs/international/francais/

3 au 10 mai Journées européennes du solaire. 2 000 initiatives locales pour réunir professionnels et particuliers autour de l’énergie solaire et de ses enjeux (dans toute la France). www.journees-du-solaire.fr

8 au 23 mai Quinzaine du commerce équitable. L’initiative fête ses dix ans, avec toujours un objectif : promouvoir une consommation respectueuse des producteurs du Sud. www.quinzaine-commerce-equitable.fr


Source : SILENCE N° 378 (extrait Ile de France)

Créteil : 32e festival international de films de femmes. 2 au 11 avril à la maison des Arts, place Salvador-Allende 150 films inédits de réalisatrices dont une cinquantaine d’Afrique. Concert d’inauguration le 2 avril avec RokiaTraoré, chanteuse malienne.AFIFF, Maison des Arts, place Salvador-Allende, 94000 Créteil, tél. : 01 49 80 38 98, www.filmsdefemmes.com.

Yvelines : stratégie de choc, 2 avril, au cinéma Pandora, 6, allée Simone Signoret (place du marché), à Achères (RER A, Achères-Ville), film tiré du livre de Naomi Klein. Après un choc collectif (le 11 septembre par exemple), les foules s’infantilisent et acceptent mieux d’obéir aux dirigeants, une pratique fort utile pour imposer I’ultralibéralisme… jusqu’à provoquer des attentats ? Frédéric Viale, membre du Conseil d’Administration d’Attac National. Attac 78 Nord, www.attac78nord.org ou 06 74 92 20 24 (Fabienne).

Paris: vélorution, 3 avril à 14h, place du Châtelet, www.velorution.org

Essonne: bâtiment,diviser sa facture par quatre, 6 avril à 20h Pépinière d’entreprises, 31, avenue de Gaulle, à Viry-Châtillon, comment obtenir un bâtiment basse consommation en rénovation ou en construction.

SoliCités, 73, rue Nungesser-et-Coli, 91170 Viry-Châtillon, tél. : 01 69 56 97 97, www.solicites.org.

Paris : la grippe du laisser-faire,6 avril à 19h30 à Paris Atelier/pavillon des Ateliers, 11, place Nationale Paris 13 (M° Olympiades), projection d’un film sur l’apparition de la grippe H1N1 au Mexique. Si la grippe s’est développée là-bas, c’est parce que la pollution y est intense.

Paris: crise où en sommes-nous ? 7 avril à 17h30, salle des mariages, mairie du 10e, 72, rue du Faubourg-Saint-Martin (M° Château-d’eau), débat organisé par l’association 4D, cité européenne des Récollets, 150-154, rue des Récollets, 75010 Paris, tél. : 01 44 64 74 94, www.association4d.org.

Essonne : les droits des femmes dans le monde, 8 avril de 12h à 14h, MJC Maryse-Bastié, 12, place René-Coty, à Viry-Châtillon. Sexualité, contraception, avortement, le point avec Sérénade Chafik, du Planning familial de l’Essonne. Repas possible sur réservation. SoliCités, 73, rue Nungesser-et-Coli, 91170 Viry-Châtillon, tél. : 01 69 56 97 91, www.solicites.org.

Hauts-de-Seine : festival de films environnementaux,10 au 15 avril au théâtre du lycée Michelet à Vanves. Les projections sont libres, gratuites et suivies d’un débat.

Samedi 10 avril

– à 14h30, MICROCOSMOS, film documentaire de Jacques Perrin, suivi d’un goûter débat sur la biodiversité avec Yann Fradin, président de l’association « espaces »

– à 17h30, UN AVENIR ? A QUEL PRIX…, documentaire de David MARTIN, débat :  » comment agir face au changement climatique? », en présence du réalisateur

– à 20h30, LA TERRE VUE DE LA TERRE, film de Coline SERREAU, débat : « des solutions locales pour un désordre global », en présence de la réalisatrice

Mardi 13 avril à 20h30, LE TEMPS DES GRACES, film documentaire de Dominique Marchais AU THEATRE MUNICIPAL de Vanves, Débat : « le monde agricole au centre d’interrogations majeures pour l’avenir », en présence de Matthieu Calame, agronome et Jean-Louis Colas, paysan en Seine-et-Marne

Mercredi 14 avril à 20h30, DECHETS A MENAGER, film de Cécile COURAUD du CNID, débat : « comment produire moins de déchets? », en présence d’un représentant du CNIID Centre national d’information indépendante sur les déchets.

Jeudi 15 avril à 20h30, SE DEPLACER EN 2040, film de Philippe BARON (prix des lycéens au dernier festival PARISCIENCE), débat avec Denis Baupin, élu en charge des transports à la mairie de Paris

Organisé par les associations La Ruche de Vanves et I’Amap Le Panier Vanvéen. Plus d’info sur http://laruchedevanves.over-blog.com/ ou tel : 01 41 08 01 16.

Paris : Pas de pub à la télé, 10 avril, 13 à 14h, à Beaubourg (Centre Pompidou), heure de silence pour la campagne du Man « Télévision : pas de publicité à destination des enfants », Man, 114 rue de Vaugirard, 75006 Paris, tel 01 45 44 48 25, www.nonviolence.fr.

Paris : 3′ Partir autrement, 10 au 11 avril, à l’Espace Reuilly, 21 rue Hénart, 75012 Paris, M° Montgallet. Films et débats sur l’économie sociale et solidaire au Sud, le microcrédit, la nature et le climat, le tourisme responsable, l’écotourisme, I’engagement écologique, cultures et patrimoines, voyager pour se cultiver… Aventure du Bout du Monde, 77, rue de Coulmiers, 75074 Paris, tél. : 01 45 45 29 29, www.abm.fr.

Seine-Saint-Denis : le pouvoir des dominées, les femmes ne sont pas innocentes, 12 avril à 18h30 à la Fondation Gabriel-Péri (M° Hoche), débat avec le philosophe Jean-Louis Sagot-Duvauroux. Fondation Gabriel-Péri, 11, rue Etienne-Marcle, 93500 Pantin, tél. : 01 41 83 88 50.

Essonne : les multinationales françaises dans les pays du Sud, 14 avril à 20h30, mairie annexe, place de Gaulle, Evry, présentation du prix Pinocchio avec les Amis de la Terre et Peuples solidaires. SoliCités, 73, rue Nungesser-et-Coli, 91170 Viry-Châtillon, tél. : 01 69 56 97 97, www.solicites.org.

Hauts-de-Seine : habiter durable et solidaire, 14 avril à 20h, maison de la vie associative, 28, rue Victor-Hugo, 92240 Malakoff ( M° Plateau-de-Vanves-Malakoff). Débat à l’initiative de la Ligue des droits de I’Homme et de Malakoff Environnement. Comment répondre à la demande sociale face au mal-logement tout en respectant des critères de basse consommation d’énergie. LDH, 28, rue Victor-Hugo, 92240 Malakoff, http://ldh92sud.over-blog.com/.

Paris: Quand les femmes filment en Amérique du Sud, 16 avril à 18h30, à la Maison de l’Amérique latine, 217, boulevard Saint-Germain (7e M° Solférino), la réalisation de films par les femmes est assez récente. Elle a permis de changer la vision de l’identité féminine, conférence avec Laurence Mullaly, maître de conférences, université Michel-de-Montaigne, Bordeaux 3 et Carmen Castillo , écrivaine, réalisatrice et militante de la gauche chilienne. France Amérique Latine, 37, boulevard Saint-Jacques,75074 Paris, tél. : 01 45 88 22 74, http://www.franceameriquelatine.org/.

Semaine sans écran, du 19 au 25 avril… on commence par la télé pour ceux et celles qui l’ont encore, mais on essaie aussi de supprimer les autres écrans : ordinateurs, téléphones portables… Et après si vous vous en portez bien, vous pouvez continuer toute l’année… http://semainesanstele.over-blog.com/ ou Casseurs de pub, 77, place Croix-Pâquet, 69007 Lyon, tél. : 04 72 00 09 82.

Paris : à la mémoire des liquidateurs de Tchernobyl, du 24 au 26 avril, sur le Parvis des droits de l’Homme (M°Trocadéro), exposition de photos de liquidateurs morts des suites de leur intervention sur le site de l’accident de Tchernobyl, action marquant les trois ans de présence continue devant l’entrée de l’OMS à Genève et demandant à celle-ci de rompre l’accord avec I’AIEA qui lui interdit de publier les données médicales sur les retombées de l’accident. Independant Who, www.independentwho.info.

Partout:Tchernobyl Day, 26 avril. 24e Anniversaire de l’accident. Nombreuses actions locales coordonnées par le Réseau Sortir du nucléaire, 9, rue Dumenge, 69317 Lyon cedex 04, www.sortirdunucleaire.org.

Paris : jeûne pour le désarmement nucléaire, du 27 avril au 6 mai, à la mairie du 2e arrondissement, jeûne organisé pendant la durée des négociations autour du Traité de non-prolifération à New-York et pour protester contre les violations de ce traité par la France. On peut venir jeûner de un à quinze jours. Maison de vigilance de Taverny, 134, route de Béthemont, 95750 Taverny, tél. : 01 45 98 85 25, lamaisondevigilance@orange.fr.

Publié par : Vincent Poizat | 31 mars 2010

Poisson d’avril 2050

poisson  d’avril 2050

L’excellente association CYBER@CTEURS se fait (et nous fait) le grand plaisir de retransmettre le compte rendu de l’enquête publique relative à la demande, présentée par EDF, de mise à l’arrêt définitif et de démantèlement complet de l’installation d’entreposage de matériels de la centrale nucléaire des Monts d’Arrée.

http://www.finistere.pref.gouv.fr

Cerise sur le gâteau, alors que les projets de démantèlement des centrales nucléaires ne font pas partie de la liste des catégories d’opérations relatives aux projets d’aménagement ou d’équipement dont la Commission Nationale du Débat Public est saisie de droit en application du I de l’article L. 121-8 du code de l’environnement, ce rapport conclu, au vue des enjeux en cours, au besoin d’un tel débat public. Un bref rappel des défis cités dans le rapport, face à la nouveauté de ce besoin et au nombre de centrales concernées, « ce débat public national permettrait de discuter:

– de toutes les options possibles, (confinement sur place, démantèlement immédiat, différé…),
– des retours d’expériences d’autres pays,
– des différentes techniques utilisées,
– de l’impact sanitaire sur les travailleurs et les populations,
– des problèmes de transport et de stockage des déchets radioactifs,
– des moyens de contrôle et de surveillance des opérations,
– de l’état radiologique final et de l’avenir des sites,
– des coûts et du financement des opérations de démantèlement,
– des moyens à mettre en œuvre pour assurer l’information du public. »

Espérons qu’un tel débat va être organisé. Mais il risque d’être aussi vif que celui sur les nanotechnologies, au moins au début de ce dernier. Toutes les associations impliquées (Réseau Sortir du Nucléaire, entre autres) auront alors encore plus de pain sur la planche!

Publié par : cecileab | 28 mars 2010

DESHERBANT A RUEIL – SEMAINE SANS PESTICIDE !!!!

Comme de coutume, la mairie a fait mettre du désherbant  (l’herbe commence à devenir jaune) sur les plusieurs centaines de kms de trottoirs et autour des arbres, et ça déborde aussi sur des parties privées !

On aura encore la vision de l’herbe crevée pendant le reste de l’année. Les nappes phréatiques, la mer, la faune et la flore, porteront  les stigmates de « monsantox »  et complices qui auront vendu plusieurs dizaines de milliers d’euros à « Rueil-malgazon ou Rueil- malraison ». La ville est fière de son engagement Agenda 21, encore faudrait-il l’appliquer et qu’il ne reste pas une coquille vide !

Est-ce vraiment nécessaire de ne plus voir d’herbe sur les trottoirs ?  Des solutions alternatives existent. Elles auraient le mérite d’offrir un emploi à environ 4 personnes !

De mars à octobre 2010, le conseil de village du Mont-Valérien renouvelle son opération « Fleurs de trottoirs » pour encourager les riverains à respecter le fleurissement autour des arbres , réalisé par des enfants et des familles du Village. Si c’est possible dans un quartier, c’est donc possible partout !

Publié par : Vincent Poizat | 26 mars 2010

L’abstention en banlieue, plus grave que les émeutes?

Médiatiquement et politiquement, l’abstention des cités sensibles ne vaut pas une émeute avec son cortège de voitures incendiées et d’images spectaculaires pour illustrer la gravité de la crise des banlieues. Les résultats des élections régionales, qui prolongent les constats des précédents scrutins, devraient pourtant interpeller la société française, plus encore que des véhicules brûlés. Avec des taux d’abstention qui dépassent les 70 % des inscrits, les habitants des quartiers difficiles ont exprimé leur sentiment d’être en dehors de la vie électorale, en dehors du système politique, en dehors de la République.

Là où les émeutes de 2005 avaient été provoquées par quelques milliers de jeunes, souvent adolescents, le refus de voter est un signal de défiance vis-à-vis du politique envoyé par plusieurs centaines de milliers d’habitants, Français, adultes, qui ont symboliquement brûlé les urnes, jugées inutiles. Avec, comme pour les émeutes de l’automne 2005, une ville symbole : Clichy-sous-Bois figure en tête du palmarès des communes les plus abstentionnistes avec 31,3 % de votants au second tour.

Plus de 6 000 des 9 000 électeurs de cette ville de Seine-Saint-Denis ont refusé de se déplacer – un chiffre à comparer aux quelque 200 à 300 émeutiers recensés, en octobre 2005, ou aux 400 habitants qui avaient participé à une marche silencieuse après le décès de deux adolescents à l’origine des émeutes. Une défiance exprimée dans des proportions comparables à Grigny, à Stains, aux Mureaux, à Sarcelles, à Bobigny ou à Villiers-le-Bel, autant de villes qui incarnent la  » crise des banlieues « .

Comment comprendre cette attitude de retrait de la vie démocratique ? Elle témoigne d’abord du profond sentiment d’abandon. Les milliards d’euros investis dans la rénovation urbaine n’y font rien. Ni la communication autour du plan espoir banlieue de Fadela Amara resté à l’état de promesse. Au-delà de la frontière symbolique du périphérique, l’idée dominante est celle d’une mise à l’écart. Un sentiment validé par le dernier rapport de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus) : un tiers des habitants y vivent sous le seuil de pauvreté.

Ces résultats prolongent également, dans le champ électoral, les phénomènes de ségrégation. Puisque la République trahit ses promesses, la majorité des habitants, pas simplement une poignée d’émeutiers, ne se sentent plus liés par leurs devoirs électoraux. Car la ghettoïsation des quartiers n’a cessé de progresser au point que certaines cités abritent presque exclusivement ce qu’on appelle sur le reste du territoire des  » minorités visibles «  – pour ne pas dire  » Noirs  » et  » Arabes  » – et qui sont devenues des  » majorités visibles «  dans certains territoires.

La statistique publique se garde bien d’aborder frontalement le sujet : dans le dernier rapport de l’Onzus, ce sujet n’existe pas. Pratiquement aucune donnée sur les étrangers. Ni sur la répartition spatiale des populations issues de l’immigration. Or ce que les pouvoirs publics s’évertuent à ne pas voir, les habitants le constatent tous les jours. Dans l’accès à l’emploi avec, par exemple, un taux record de chômage de 42 % pour les hommes de moins de 25 ans. Dans les problèmes de transports en commun – Clichy-sous-Bois est toujours à 15 km mais à plus d’une heure de Paris. Dans les rapports avec la police – la probabilité d’être contrôlé pour un Maghrébin est huit fois plus élevée que pour un Blanc.

Quant à l’immigration, la fonction d’accueil reste toujours aussi mal partagée : la Seine-Saint-Denis, par exemple, absorbe plus d’étrangers que tous les autres départements d’Ile-de-France réunis, hormis Paris. Entre les deux recensements de 1999 et 2006, leur nombre a augmenté de 22,8 %, concentrés dans les communes les plus pauvres de ce département, là où la proportion d’étrangers était déjà la plus élevée. Là, aussi, où se concentrent les Français que l’on présente toujours comme  » issus de l’immigration « .

Au fond, c’est le silence des quartiers qui devrait nous alarmer plus que le bruit, ponctuel, des violences urbaines. Pourquoi le souffle créé par les émeutes de 2005, qui s’était traduit par une diminution de l’abstention lors de la présidentielle de 2007, est-il retombé aussi vite ? Comment des citoyens tolèrent-ils de telles conditions de vie sans exprimer leur colère autrement que par le non-vote ? Comment se fait-il qu’aucune force politique, associative ou syndicale ne parvienne à représenter ces populations ?

Le plus gênant est que l’abstention place les quartiers dans un cercle vicieux. Parce que les hommes politiques pourront être tentés par une lecture cynique et considérer ces territoires comme définitivement  » non rentables  » électoralement. Pour la droite, qui y recueille des scores dérisoires. Pour la gauche, qui obtient des pourcentages flatteurs mais un nombre de voix réduit. Pourquoi, en effet, prendre le risque de s’aliéner des clientèles alarmées par l’image du jeune à capuche pour ne rien gagner du côté de la banlieue ? Pourquoi se mettre à dos le monde rural, également en grande difficulté mais qui continue de voter, pour des quartiers à la dérive mais abstentionnistes ? Le piège se referme sur les banlieues populaires.

Luc Bronner Service France Courriel : bronner@lemonde.fr

Article de Jean-Marie de Boni, Directeur Général de La NEF, paru dans Vif Argent n°52

Depuis 2 ans, nous faisons face à une grave crise non seulement financière, mais aussi écologique, sociale et culturelle. Cette crise a pour origine l’ordonnancement des relations sociales et économiques, ou plutôt le désordre de ces relations. À commencer par la place de l’argent, passé de serviteur à maître.

Pour comprendre la dimension de cette crise, il est important de rappeler quelques faits1.

Le montant total des produits dérivés représente environ 20 fois le PIB mondial. Les actifs <toxiques>, des 20 plus grandes banques du monde, représentent 2 fois leur capitalisation. Ces banques sont donc virtuellement en faillite. Selon le Fonds Monétaire International (FMl), ces actifs <toxiques> représentent un risque de nouvelles pertes d’un montant équivalent aux pertes déjà subies, lesquelles ont été considérées comme <abyssales>. Afin d’éviter une autre crise, le FMI estime que la recapitalisation nécessaire aux banques serait d’au moins 200 milliards de dollars. Ceci en espérant que les risques de pertes potentielles évoqués ci-dessus ne se concrétisent pas.

Fin 2008, la finance mondiale a brûlé, en quelques semaines, 40% du PIB mondial soit quelque 25 000 milliards de dollars, l’équivalent de 5 mois de travail de toute l’humanité, ou bien encore de tous les Français durant 12 ans!

Dans le contexte social et environnemental que nous connaissons, il est plus que jamais nécessaire d’agir dans l’esprit de la discipline économique au sens étymologique du terme, celui de <gestion de la maison>2. Or, notre maison va devoir, en moins d’une génération, changer à la fois de mode de production et d’énergie. Cet effort colossal ne sera possible que si nous changeons de paradigme, à commencer par le système financier qui doit être dans son intégralité au service de la solidarité humaine.

La finance éthique est donc certainement porteuse de solutions. La Nef se rallie à ses acteurs européens pour formuler 6 propositions concrètes afin de réorienter le système financier vers la personne :

1- Retour de la banque à son rôle initial, c’est-à-dire d’intermédiaire capable de collecter et de sécuriser l’épargne dans le but unique d’octroyer du crédit en en assumant les responsabilités. Ceci implique la suppression de la titrisation et la séparation nette des établissements d’investissement et des banques d’intermédiation en empêchant le financement des uns par les autres.

2- Organiser la transparence relative à l’utilisation de l’épargne et aux prêts octroyés en contraignant les banques à publier la liste des bénéficiaires des crédits consentis.

3- Limiter la concentration bancaire afin de permettre le contrôle effectif de tous les organismes financiers, sans aucune exception, par des autorités compétentes. La concentration sans limite crée des établissements dont la taille et la complexité rendent inopérante l’éventuelle intervention du régulateur en charge du contrôle de ces établissements. En France, ce mouvement de concentration a entraîné le Crédit Coopératif dans le nouveau Groupe Banque Populaire-Caisse d’Épargne (BPCE).

4- Supprimer les paradis fiscaux. Outre le fait que les paradis fiscaux sont le lieu de tous les recyclages d’argent sale, ce qui en soit les condamne, ils permettent aux établissements financiers de tous ordres d’échapper à la vigilance des régulateurs.

5- Réviser les normes IAS (lnternational Accounts Standard), des règles comptables qui ont rapidement montré leurs limites, notamment au travers du fameux principe <mark to market> : évaluation des actifs à la valeur du marché. Ce qui non seulement contribue à fausser la réalité au seul profit de l’actionnaire, mais qui en plus est largement pro-cyclique (emballement du système quelle que soit la direction prise). Retour donc aux critères d’une gestion saine et prudente, fondée sur une valorisation à valeur d’usage.

6- Réviser les règles de Bâle 2. Bâle 2 constitue un corpus de règles encadrant la prise de risques par les banques. Nous proposons un Bâle 3, dans lequel il soit tenu compte des actions sociales et environnementales des entreprises afin de pondérer favorablement les risques pris au travers des crédits consentis à ces organisations. Les principes des banques éthiques ont contenu la crise plus que toute autre banque en soutenant des entreprises considérées comme plus risquées selon Bâle 2 mais qui exercent un rôle social majeur et respectent les générations futures.

Si, tous ensemble, nous gagnons ce pari, nous en sortirons tous un peu différents mais très certainement beaucoup plus heureux. Si nous le perdons, nos enfants nous accuseront3.

1Sources : L’Expansion du 31/12/2008, http://www.lexpansion.com.

2Économie : provenant du grec ancien formé des mots oïkos (< maison > et nomos < loi>, signifiant << gestion de la maison >>.

3Nos enfants nous accuseront: film documentaire réalisé par Jean-Paul Jaud en 2008.

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