Publié par : cecileab | 23 mars 2011

La famille Colibri

Nous sommes nombreux à avoir vu le film de Coline Serreau « Solutions locales pour un désordre global ». Pour échanger sur les solutions que chacun met en place, ici à Rueil-Malmaison, nous vous proposons une nouvelle rubrique « Solutions Locales ». Pour la lancer, voici des exemples d’actions concrètes réalisables par une famille qui fait des choix responsables:

« La famille Colibri »

Un exemple pour montrer le pouvoir de chacun de nous, citoyen-consomm’acteur

Selon la stratégie du colibri de Pierre Rabhi : cet oiseau minuscule va chercher de l’eau dans son bec  pour éteindre l’incendie de la forêt. Les autres animaux ne font rien et le découragent de continuer ce geste dérisoire. Il répond : « Je sais, mais je fais ma part ».

Voir les multiples actions locales possibles (http://www.colibris-lemouvement.org/)

La famille Colibri réfléchit sur les conséquences de ses actes, de ses choix, de ses achats dans sa vie quotidienne. L’objectif est de favoriser tout ce qui améliore la prise en compte des valeurs sociales, de respect des Hommes et de la Terre, et de limiter les effets négatifs de ses consommations (pollution des sols, de l’eau et de l’air, épuisement des ressources naturelles, faillite des paysans…). Elle ne court pas après les heures supplémentaires, et si c’est possible elle apprécie le travail à temps partiel à certains moments de sa vie, ce qui lui laisse plus de temps pour sa vie personnelle, familiale, et pour s’impliquer dans la vie associative pour défendre ses valeurs ( = forces de vie ).

La famille Colibri fait ses courses en priorité en magasin Bio, ou au marché, de préférence en vrac et chez ceux qui s’engagent à rechercher les meilleurs produits, avec une marge raisonnable tout en respectant les fournisseurs, les producteurs et les employés. Exemple : www.nouveauxrobinson.fr , www.biocoop.fr , www.titibio.fr … Comme elle s’informe auprès des mouvements militants comme Nature et Progrès, Les Amis de la Confédération Paysanne, Les Amis de la Terre, etc..…elle sait que les prix des aliments en bio ne peuvent pas être comparés avec les prix des denrées qui sont aspergées de subventions européennes et de pesticides issus du pétrole. En améliorant la qualité de l’alimentation, la santé est meilleure, on cuisine, on utilise très peu de sucre raffiné. On diminue la viande au profit des légumineuses accompagnées de céréales et légumes. La famille fait le maximum pour remplir son objectif de tendre vers le « zéro déchet » .

La famille se fournit aussi auprès des paysans, par l’intermédiaire de groupement d’achats (ex. le GIE Biodiverscités..), de coopératives, d’AMAP…Elle prend contact avec des collectifs d’associations qui mettent en place ces achats, des échanges de savoirs..(ex. CEAN, la Chouette Valérienne..)  Mais comme elle voit qu’il n’y a pas assez de produits agricoles biologiques cultivés en France, elle soutient l’installation de paysans s’engageant dans une agriculture familiale, durable et biologique, en prenant des parts dans la Foncière Terre de Liens. Elle est ainsi satisfaite de mettre de la cohérence entre ses opinions et ses actions concrètes. (www.terredeliens.org)

Si la famille peut disposer d’un bout de terre (son propre jardin ou un jardin partagé communal ou associatif ), elle pourra ainsi avoir sa parcelle d’autonomie alimentaire, et expérimenter une nouvelle forme de résistance, celle qui consiste à choisir ses semences chez ceux qui favorisent la biodiversité (ex : Ferme de Ste Marthe, Semence Paysannes…), son matériel (ex : Jardineries Botanic, où l’on ne trouve  que des phytosanitaires autorisés en agriculture biologique) et ainsi se démarquer de la dépendance aux grands groupes agro-chimiques ….Elle observe les insectes, les abeilles et les oiseaux dans ce jardin, signes d’une belle biodiversité et apprécie la convivialité autour d’un jardin, le partage, et les échanges de conseils et de surplus de récoltes. Dans ce jardin, on trouve aussi un récupérateur d’eau de pluie et un endroit réservé au compostage des déchets organiques de la cuisine et du jardin.

Pour s’habiller, la famille a le choix : elle apprécie de trouver des vêtements d’occasion dans les vide-greniers ou chez Emmaus ,ou à la Ressourcerie le Cercle. Pour des vêtements neufs, de plus en plus de fabricants, ou distributeurs, proposent des vêtements en coton bio, en laine, en soie, en chanvre. Ils sont souvent issus du réseau de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS). La filière de ces textiles est porteuse des valeurs de l’ESS dans le respect de l’environnement, de la santé et de la dignité des employés pour ce qui concerne les modes de production de matières premières, la création, la fabrication et la vente des vêtements. Pour démarrer leur activité, ces fabricants ont souvent bénéficié du soutien professionnel et financier du réseau de l’ESS (ex : les pulls de la SCOP Ardelaine, entreprise pionnière dans la démarche ESS )

Quand la famille envisage la décoration et l’aménagement de son habitation, elle se renseigne sur les matériaux sains et non polluants qui existent sur le marché (ex : Les Matériaux Verts). Elle consulte les revues spécialisées, elle apprend les nouvelles techniques ou elle fait appel aux artisans compétents, d’une coopérative d’emplois par exemple !

Le tri sélectif est devenu un automatisme. Il lui arrive aussi d’acheter du matériel d’occasion, révisé par une entreprise d’insertion (ex : le réseau ENVIE, Emmaüs, les ressourceries ou TAE avec ATD Quart-Monde)

La famille a choisi de quitter EDF et c’est la SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif)  Enercoop   www.enercoop.fr,  qui lui fournit son électricité garantie d’origine 100% énergie renouvelable (encore l’ESS !!). Ainsi elle participe à l’investissement dans de nouveaux moyens de production d’électricité et à une réappropriation citoyenne des moyens de production de l’énergie. C’est un des axes possibles d’action concrète pour organiser la transition vers une société moins dépendante des énergies fossiles et du nucléaire ! (voir les initiatives de transition : http://www.transitionfrance.fr)

Si l’orientation du toit de sa maison  est favorable, elle fait installer des capteurs solaires thermiques qui lui assurent la majorité de son eau chaude sanitaire, qui sera complétée par une chaudière gaz à condensation, par exemple! Bien sûr, elle préfère les douches, et répare rapidement les fuites d’eau, mais elle sait que c’est l’agriculture intensive (très subventionnée…) qui consomme 70 % de l’eau ! L’hiver, elle apprécie la chaleur diffusée par son insert, ou son poêle à bois à foyer fermé.

Pour se déplacer, dès que c’est possible, elle privilégie les transports en commun, le co-voiturage, le vélo…et la marche à pied ! Elle se renseigne aussi sur le réseau d’Autopartage.

Pour les vacances, la famille cherche dans le réseau Accueil Paysan (www.accueil-paysan.com) un lieu sympa : camping, gîte, chambre d’hôte… Elle est sûre d’être accueillie par des paysans qui recherchent les échanges authentiques entre ruraux et citadins et qui utilisent des méthodes de culture  respectueuses de l’environnement.

Elle est proche du « Réseau des Alternatives Forestières » qui lui donne des informations sur la gestion durable des forêts. ( car elle ne supporte pas les « coupes rases »). http://alternativesforestieres.org

Les parents ont leur compte bancaire au Crédit Coopératif (www.banque-solidarites.coop ).Pour continuer de se renseigner sur l’affectation utile de son épargne, sur les offres de finances solidaires, la famille consulte le site www.finansol.org

C’est là qu’elle a découvert  les C.I.G.A.L.E.S. : ce sont des clubs d’investissement de quelques personnes qui mettent en commun une petite épargne pour aider à la création et au développement de petites entreprises locales, en privilégiant les projets respectueux de l’être humain et de son environnement (commerce équitable Nord/Nord et Nord/Sud, agriculture biologique, insertion sociale, promotion de la culture, protection de l’environnement, construction saine  …). Avec quelques amis, la famille Colibri s’est lancée dans l’aventure, ainsi elle est associée à la vie d’une entreprise solidaire ! Elle peut aussi prendre des parts de GARRIGUE, société de capital risque solidaire, pour les projets importants de ces entreprises www.garrigue.net

La famille Colibri peut être sobre et heureuse, malgré la forte inquiétude à propos des pollutions et de l’évolution du climat.

Cette liste ne demande qu’à être complétée !

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Responses

  1. […] c’est celle que l’on ne consommera pas, par notre mode de vie (voir par ex la famille Colibri : https://chouettevalerienne.org/2011/03/23/la-famille-colibri/ ). Nous devons agir pour réduire les émissions de G.E.S. Cet article présentera des innovations […]

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